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Le Marathon Orange : plus qu’une marche, réclamer la justice et la dignité des survivantes de violences sexuelles au Niger
AJFSR organise Marathon Orange plaidant gratuité expertise médicale pour survivantes violences sexuelles.

La population nigérienne n’est plus en marge de l’accès à Internet. Autrefois limité à une minorité, l’espace numérique connaît aujourd’hui une expansion progressive dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Selon le rapport Digital 2023: Niger publié par DataReportal en collaboration avec We Are Social et Meltwater, le Niger comptait environ 5,81 millions d’internautes, soit un taux de pénétration de 22,4 %. Dans le même temps, les réseaux sociaux regroupaient 467 900 utilisateurs, représentant 1,8 % de la population.
Les plateformes les plus utilisées restent dominées par Facebook, suivi de LinkedIn, Instagram et Twitter, traduisant une présence numérique encore inégale mais en croissance.
Cependant, cette évolution numérique se développe dans un environnement encore fragile. La persistance des normes sociales restrictives, la faible éducation au numérique et les limites de la gouvernance de l’Internet, exposent davantage les utilisateurs, en particulier les femmes et les filles. Dans ce contexte, la sécurité numérique apparaît de plus en plus menacée, créant un environnement propice à l’émergence et à la multiplication des violences numériques, qui touchent particulièrement les femmes et les jeunes.
Au Niger, ces violences se produisent principalement sur Facebook, WhatsApp et TikTok. Elles prennent diverses formes.
Les violences numériques ont des conséquences profondes et multidimensionnelles sur les femmes et les filles. Elles affectent à la fois leur bien-être personnel, leur position sociale et leur participation dans l’espace public.
Sur le plan individuel, ces violences entraînent souvent un traumatisme psychologique, une perte de confiance en soi ainsi qu’une auto-censure. De nombreuses femmes n’osent plus s’exprimer librement en ligne, par peur d’être attaquées ou humiliées.
Sur le plan social, elles provoquent une atteinte à la réputation, une perte de crédibilité et une stigmatisation, pouvant conduire à un isolement. Dans certains cas, les conséquences sont encore plus graves, allant jusqu’à la déscolarisation ou la perte d’emploi.
Ces violences contribuent également à renforcer les inégalités de genre dans l’espace numérique, en limitant la participation des femmes et en réduisant leur présence et leur influence en ligne. À terme, cela entraîne une véritable perte d’autonomie et freine leur pouvoir d’agir.
Face aux violences numériques, certaines réactions sont essentielles pour se protéger et réagir efficacement.
Il est d’abord important de faire preuve de prudence en ligne, en évitant de partager des contenus sensibles, quel que soit le niveau de confiance accordé à autrui.
Toutefois, lorsqu’une violence survient, il est crucial de garder son calme et de se rappeler que ces actes ne définissent en rien la valeur de la victime.
Il ne faut en aucun cas se culpabiliser, ni répondre par la violence. Au contraire, il est recommandé de conserver toutes les preuves (captures d’écran, messages, liens), qui pourront servir en cas de plainte.
Signaler les faits aux autorités compétentes, notamment en se rendant au commissariat le plus proche, constitue une étape importante. Il est également essentiel de ne pas céder au chantage, car cela ne fait qu’aggraver la situation.
Enfin, parler et dénoncer ces violences est un acte fort. Briser le silence permet non seulement de se protéger, mais aussi de contribuer à lutter contre ces pratiques.